La vengeance de Voldemort
La
première chose que vit Harry, en reprenant connaissance, était le plafond blanc
de...l’infirmerie. Quelqu’un lui avait enlevé ses lunettes et tout était un peu
flou autour de lui. Il se demanda un instant comment il était arrivé là, et se
rappela alors de l’accident du Poudlard Express. Le silence régnait dans la
pièce. Intrigué par un tel calme, Harry attrapa ses lunettes sur la table de
chevet et se redressa sur le lit où il était installé. Il se rendit alors
compte que, pour une fois, il n’était pas seul à l’infirmerie. En effet, une
dizaine d’élèves étaient, eux aussi, alités, mais, à la différence de Harry,
étaient toujours inconscient.
“Ah, en voilà enfin un qui est réveillé !” s’exclama
Madame Pomfresh, l’infirmière de Poudlard, en venant vers lui, avec de gros
morceaux de chocolat.
“- Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda Harry
précipitamment, avant que l’infirmière n’ait eu l’idée de le gaver de chocolat.
- Je ne sais pas,
Potter. Tout ce que je peux dire c’est que c’est la première fois qu’une telle
chose arrive et que si tu ne mange pas de chocolat tout de suite, je te garde
deux jours à l’infirmerie.
- Comment vont
les autres ?
- Pour la plupart,
ils vont bien ! Les autres élèves sont à la Grande Salle, pour la cérémonie de
Répartition. Aucun élève de première année n’ayant été blessé, Dumbledore a
maintenu la Cérémonie. Et tu pourra y aller, dès que tu aura pris ton chocolat
!”
A ces mots, elle lui fourra un morceau de chocolat dans
la bouche, l’empêchant de dire un mot de plus.
Un quart d’heure plus tard, Madame Pomfresh, le jugeant
en pleine forme, Harry quitta l’infirmerie. Il prit plusieurs couloirs et
regagna le grand hall de l’école, éclairé par la lueur des torches fixées aux
murs et où se trouvait le majestueux escalier de marbre qui desservait les
étages. Harry traversa la pièce et poussa la porte que menait à la Grande
Salle. Tous les élèves, assis à la table de leur maison respectives se
tournèrent vers lui, quand Harry entra dans la vaste salle. Le plafond magique
de la pièce, fait pour représenter le ciel, était constellé d’étoiles. Le
professeur McGonagall, un parchemin sous le bras, quitta la pièce, emportant
avec elle un tabouret et un vieux chapeau rapiécé, le Choixpeau Magique qui,
chaque année, lors de la Cérémonie de Répartition, attribuait une maison à
chacun des nouveaux élèves, en fonction de leur caractère. Harry, ignorant les
regards, passa derrière les tables des autres maisons et rejoignit Ron et
Hermione à la table des Gryffondor.
“- Ca va, Harry ? s’inquiéta Hermione.
- Oui ! Oui ! Ca va très bien !
répondit-il. Est-ce que l’un de vous sais ce qui s’est passé ?
- J’ai entendu
McGonagall dire que le train avait déraillé ! révéla Ron, en haussant les
épaules. En tout cas, tu as raté la Cérémonie de Répartition et on va avoir un
nouvel élève dans notre classe, Laurent Delisle, si j’ai bien compris !”
ajouta-t-il en désignant l’autre extrémité de la table.
Harry jeta un coup d’œil au nouvel élève qui était assis
entre Neville et Nick-Quasi-Sans-Tête, le fantôme de Gryffondor, surnommé ainsi
en raison de sa décapitation bâclée. C’était l’une des principales raisons pour
laquelle il portait toujours une fraise qui, en plus de souligner le trait
festif du repas, empêchait sa tête de basculée sur le côté. Le nouveau, bien
que Harry ne l’ait jamais vu, lui paraissait familier. Les yeux brun, les yeux
noirs, il discutait avec Neville, qui avait un gros bleu sur la joue. Il
adressa un sourire à Harry, lorsqu’il croisa son regard, avant de reprendre sa
conversation avec Neville.
Harry jeta un regard à la table des professeurs. Il
aperçut le directeur de Poudlard, Albus Dumbledore, un sorcier, assez âgé,
grand et mince au nez aquilin, ses yeux bleus pétillants derrière ses lunettes
en demi-lune. Ses longs cheveux et sa barbe argentés contrastant avec la robe
verte et dorée qu’il portait. Un peu plus loin, il croisa le regard du
professeur qu’il détestait le plus dans l’école, le professeur Rogue, un
sorcier au visage cireux et aux cheveux gras, enseignant les potions, directeur
de Serpentard et qui détestait encore plus Harry que les Dursley (et encore,
c’était un euphémisme). Rogue trouvait toujours la moindre excuse pour enlever
des points à Gryffondor. A côté de Rogue, le professeur McGonagall, qui était
déjà de retour, discutait avec le minuscule professeur Flitwick, chargé
d’enseigner, aux élèves, les enchantements. Assis à côté, le seul professeur
fantôme du château, le professeur Binns, qui initiait, les étudiants, à
l’Histoire de la Magie, discutait avec un professeur que Harry n’avait jamais
vu, et qu’il identifia comme le nouveau professeur de Défense contre les Forces
du Mal, un poste que Rogue briguait depuis des années. Au bout de la table,
Hagrid, avec ses cheveux et sa barbe noirs et hirsutes, dominait, par sa grande
taille, l’assemblée des professeurs.
Le silence s’installa parmi la foule des élèves quand le
professeur Dumbledore se leva.
“Avant de commencer le festin, je tiens à vous souhaiter
la bienvenue, à tous, pour cette nouvelle année à Poudlard ! commença-t-il. Je
voudrais, de plus, vous rappeler certains points. Tout d’abord, la forêt est,
bien entendu, interdite aux élèves. Je me dois aussi de vous annoncer que les
sorties à Pré-au-Lard, cette année, seront annulées, pour des mesures de
sécurité. En effet, comme vous devez tous le savoir, Voldemort est revenu, il y
a quelques mois, plus dangereux que jamais !”
Un frisson parcourut l’assemblée.
“Mais, continuant sur une note plus joyeuse, je vous
annonce que la coupe de Quidditch sera, cette année, remise en jeu. La
déclaration officielle des équipes aura lieu dans deux semaines ! Pour les
élèves intéressés, vous devrez vous adresser aux responsables de vos maisons. !
Les élèves de première année ne sont, bien entendus pas autorisés à y
participer ! Pour conclure, nous accueillerons, cette année, un nouveau
professeur de Défense contre les Forces du Mal, le professeur Serra !”
Toute l’assemblée applaudit le nouveau professeur.
“Bien, je n’ai plus qu’une chose à vous dire ! repris
Dumbledore en haussant la voix. Bon appétit à tous !”
Alors qu’il se rasseyait, les plats d’or et les carafes recouvrant
les tables aux nappes blanches se remplirent soudainement. Le repas se passa
dans la joie et la bonne humeur. Les élèves, affamés, se ruèrent sur les
différents plats chauds. Les plats, aussi appétissants les uns que les autres,
disparurent rapidement, remplacé par des tartes aux fraises, encore chaudes,
des crèmes renversées et des pâtisseries.
Harry jeta un nouveau coup d’œil à la table des
professeurs et croisa, une fois de plus, le regard de Rogue qui, visiblement,
l’observait depuis un moment. Harry sentit alors une espèce de frisson, comme
un mauvais pressentiment une impression de... malaise. Une chose était sûre, la
lueur qu’il avait vu dans les yeux de Rogue, avant qu’il ne détourne la tête,
ne lui plaisait pas du tout. S’étant intéressé à Laurent, Harry se tourna vers
ses deux amis.
“- Dites, vous le connaissez, vous, le nouveau ?
demanda-t-il.
- Non ! Mais il
ne doit pas être mauvais pour avoir été envoyé à Gryffondor ! remarqua Ron en
prenant un éclair au chocolat. Pourquoi ?
- Juste comme ça
! rétorqua Harry en haussant les épaules. A votre avis, il vient d’où ?
- Sûrement de
Beauxbâtons ou Durmstrang ! répondit Hermione en experte. Les élèves des autres
écoles ne parlent pas un mot d’anglais.
- Ecoute la voix
de la raison, Harry ! lança, philosophiquement, Ron, la bouche pleine. Je peux
prendre tes éclairs, Hermione ?”
Harry éclata de rire tandis que Hermione fusillait Ron du
regard, en éloignant son assiette de lui.
Une
heure plus tard, quand les plats d’or eurent retrouvés leur éclat naturel, les
élèves purent enfin quitter la Grande Salle pour regagner les salles communes
de leurs maisons respectives. Les Gryffondor, montant l’escalier de marbre,
enchaînèrent plusieurs couloirs et escaliers jusqu’à un tableau représentant
une grosse dame vêtue d’une robe rose pâle, qui pivota dès que Hermione eut
lancé le mot de passe, libérant un passage menant à la salle commune, meublée
de nombreux fauteuils confortables et où brûlait un grand feu. Les élèves,
épuisés, montèrent jusqu’à leurs dortoirs respectifs. Les garçons montèrent un
dernier escalier en colimaçon pour rejoindre leurs chambres où leurs affaires
avaient été montées. Harry, s’étant changé, se glissa rapidement dans son lit,
sous les draps tièdes, et s’endormit immédiatement.
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